Santé & bien-être
Sommeil et Mélatonine : Un Risque Insoupçonné pour la Santé Cardiaque ?
Près d’un Français sur cinq connaît des épisodes d’insomnie. Réveils nocturnes, endormissement trop long ou nuit coupée après un passage aux toilettes conduisent souvent à essayer la mélatonine, perçue comme un médicament naturel alors qu’elle n’est pas sans règle d’usage.
Peu de temps ? Voici les points à garder en tête.
| Point vérifié | Ce que montrent les données disponibles | Décision concrète |
|---|---|---|
| Étude américaine de 2025 | Une association a été observée entre une prise de mélatonine durant plus d’un an et davantage de diagnostics d’insuffisance cardiaque. | Ne pas transformer ce résultat préliminaire en preuve que la mélatonine provoque une maladie cardiaque. |
| Chiffres rapportés | 4,6 % des utilisateurs prolongés ont développé une insuffisance cardiaque, contre 2,7 % dans le groupe sans mélatonine. | Faire le point avec le médecin si la prise est quotidienne depuis plusieurs mois. |
| Usage chez les plus de 55 ans | La mélatonine à libération prolongée dosée à 2 mg est habituellement prévue pour une durée limitée, souvent jusqu’à 13 semaines. | Vérifier la dose, le produit acheté et la date réelle de début de prise. |
| Sommeil et cœur | L’insomnie, l’hypertension, l’apnée du sommeil, le tabac et le manque d’activité influencent aussi les risques cardiovasculaires. | Traiter la cause des troubles du sommeil plutôt que de renouveler automatiquement un complément. |
Mélatonine et santé cardiaque : ce que l’étude américaine a réellement observé
Les données qui ont relancé le débat ont été annoncées lors des rencontres scientifiques de l’American Heart Association à La Nouvelle-Orléans, en novembre 2025. Elles provenaient d’une équipe de SUNY Downstate et de Kings County Primary Care. En 2026, cette communication doit être lue pour ce qu’elle est, une alerte scientifique préliminaire, et non une recommandation médicale définitive.
Les chercheurs ont exploité des dossiers médicaux électroniques. Ils ont comparé des adultes souffrant d’insomnie chronique ayant reçu de la mélatonine pendant au moins douze mois avec d’autres adultes insomniaques n’en ayant pas reçu. Cette comparaison est utile, car elle évite de mettre face à face des personnes dormant bien et des personnes traitées pour de graves troubles du sommeil. Elle ne retire pas pour autant tous les biais possibles.
Dans les données brutes présentées, l’insuffisance cardiaque a concerné 4,6 % des utilisateurs prolongés de mélatonine contre 2,7 % des personnes insomniaques qui n’en prenaient pas. L’écart paraît limité lorsqu’il est exprimé en nombre de personnes, mais il devient plus frappant lorsqu’il est traduit en risque relatif. La présentation scientifique évoquait une hausse proche de 89 % après certains ajustements statistiques.
L’étude signalait aussi près de 3,5 fois plus d’hospitalisations pour insuffisance cardiaque dans le groupe exposé au long cours. Le risque de décès lié à une cause cardiaque était environ doublé. Ces chiffres expliquent la circulation rapide de titres alarmants sur la mélatonine et la santé cardiaque. Ils ne permettent pas d’affirmer que le complément a endommagé le cœur de ces patients.
Un dossier médical contient rarement tous les éléments qui pèsent sur la santé. Il ne décrit pas toujours avec précision le tabagisme réel, la consommation d’alcool, le niveau d’activité physique, l’alimentation, le poids, une apnée du sommeil non diagnostiquée ou l’intensité de l’anxiété. Or ces facteurs peuvent favoriser à la fois une mauvaise nuit et une insuffisance cardiaque.
Une personne qui dort peu pendant plusieurs années a plus souvent une pression artérielle mal équilibrée, une fatigue qui réduit les sorties à pied et une prise de poids progressive. Elle peut aussi utiliser d’autres traitements du système nerveux. Certains antidépresseurs, anxiolytiques ou médicaments contre la douleur perturbent la vigilance, la respiration nocturne ou le rythme cardiaque. La mélatonine peut alors apparaître dans le dossier comme un marqueur d’insomnie sévère plutôt que comme l’origine du problème.
La différence entre corrélation et causalité mérite d’être gardée en tête. Une corrélation indique que deux événements sont plus souvent présents ensemble. Une causalité exige de démontrer que l’un déclenche l’autre, après avoir écarté les autres explications crédibles. Il faudrait pour cela des études publiées, relues par d’autres chercheurs, décrivant les doses, les formulations, les maladies associées et les traitements pris en parallèle.
Le détail manquant est loin d’être anodin. Les résultats rendus publics ne précisent pas clairement si les participants utilisaient une préparation à libération immédiate, à libération prolongée, un complément importé ou une spécialité pharmaceutique. La dose quotidienne n’est pas suffisamment documentée non plus. Entre 0,5 mg pris ponctuellement après un décalage horaire et plusieurs milligrammes chaque soir durant deux ans, le contexte n’a rien de comparable.
Le terme « risque accru » ne signifie donc pas que chaque boîte de mélatonine expose à une hospitalisation. Il signifie qu’un signal mérite une vérification médicale plus rigoureuse lorsque la consommation est continue. Chez une personne ayant déjà une hypertension, une arythmie, des œdèmes aux chevilles, un essoufflement inhabituel ou des palpitations, laisser cette prise quotidienne hors du dossier médical n’est pas une bonne habitude.
Le sommeil n’est pas seulement une affaire de confort au coucher. Les réveils répétés, la somnolence diurne et le recours régulier à un produit pour s’endormir donnent au médecin des informations concrètes sur le terrain cardiovasculaire et sur les médicaments à réévaluer.

Sommeil, rythme circadien et cœur : pourquoi l’insomnie compte aussi dans les risques cardiovasculaires
Le rythme circadien est l’horloge interne qui organise l’alternance entre veille et sommeil sur environ vingt-quatre heures. La lumière du matin, l’heure des repas, l’activité physique et la régularité du coucher servent de repères à ce rythme biologique. La mélatonine est une hormone produite naturellement lorsque la luminosité baisse. Elle informe le corps que la nuit approche, sans agir comme un sédatif puissant.
Avec l’âge, le rythme veille-sommeil peut se décaler. L’endormissement arrive plus tôt, les réveils sont parfois plus fréquents et le sommeil profond diminue. Cela ne signifie pas que chaque réveil nocturne relève d’une maladie. Une difficulté présente au moins trois nuits par semaine, durant trois mois ou davantage, avec un retentissement dans la journée, justifie en revanche une évaluation structurée.
Un mauvais sommeil durable et une durée de repos trop courte sont associés à davantage d’hypertension, de diabète de type 2, de prise de poids et d’événements cardiovasculaires. Cette réalité rend difficile l’interprétation de l’étude américaine. Les personnes qui prennent un complément au long cours sont souvent celles dont l’insomnie résiste aux conseils habituels. Leur risque initial peut déjà être supérieur.
L’hypertension illustre bien le mécanisme. Durant la nuit, la pression artérielle baisse normalement. Chez certaines personnes, notamment en cas d’apnée du sommeil ou de nuits fragmentées, cette baisse nocturne est insuffisante. Le cœur et les vaisseaux restent davantage sollicités. Un tensiomètre ambulatoire sur vingt-quatre heures peut parfois mettre en évidence ce profil, alors qu’une mesure isolée au cabinet paraît correcte.
L’arythmie demande aussi d’être distinguée d’un simple réveil anxieux. Des palpitations brèves après un cauchemar ou un café tardif ne correspondent pas forcément à un trouble du rythme grave. En revanche, des battements irréguliers accompagnés d’essoufflement, de malaise, de douleur thoracique ou de fatigue nouvelle doivent être signalés sans attendre le prochain renouvellement d’ordonnance. Le médecin pourra décider d’un électrocardiogramme, d’un Holter cardiaque ou d’un bilan biologique.
L’apnée obstructive du sommeil est souvent sous-estimée après 55 ans. Ronflements sonores, pauses respiratoires remarquées par le conjoint, bouche sèche au réveil, besoin de dormir dans la journée et céphalées matinales forment un ensemble plus parlant qu’une simple impression de ne pas avoir récupéré. Une mélatonine prise le soir ne corrige pas des arrêts respiratoires nocturnes. Elle risque surtout de retarder la recherche du bon diagnostic.
Le mode de vie intervient lui aussi sans se résumer à une leçon de morale. Un dîner très tardif, deux verres d’alcool pour « trouver le sommeil », une télévision allumée jusqu’à minuit et peu de lumière extérieure le matin brouillent les repères de l’organisme. Les retraités qui ont perdu les horaires fixes du travail y sont parfois plus exposés, surtout pendant l’hiver ou après un changement de domicile.
Les réveils nocturnes liés aux envies d’uriner méritent une autre lecture. Chez l’homme, une prostate augmentée de volume peut expliquer le problème. Chez la femme comme chez l’homme, un diabète, un traitement diurétique pris trop tard ou une insuffisance cardiaque débutante peuvent aussi augmenter les passages aux toilettes. Prendre un comprimé pour dormir sans examiner cette cause ne règle rien durablement.
Une démarche simple consiste à noter durant quinze jours l’heure du coucher, l’heure approximative d’endormissement, les réveils, le lever, les siestes, l’alcool, le café après 15 heures et les prises de médicaments. Ce relevé ne remplace pas une consultation, mais il permet de distinguer une insomnie d’endormissement, des réveils multiples, un décalage de phase ou une somnolence due à un traitement.
Le dossier pratique consacré au sommeil et à la santé après 55 ans complète utilement cette observation quotidienne. Arriver chez le médecin avec deux semaines de données concrètes vaut mieux que résumer le problème par « je dors mal ». Le choix d’un traitement ou d’un examen devient alors beaucoup plus précis.
Mélatonine après 55 ans : distinguer le complément alimentaire du médicament
Le mot mélatonine recouvre plusieurs produits qui n’ont pas le même statut. En pharmacie ou sur internet, un complément alimentaire peut être vendu avec des dosages variables et des associations de plantes. Une spécialité médicamenteuse à base de mélatonine à libération prolongée répond, elle, à des règles de prescription, de fabrication et de suivi des effets indésirables plus encadrées.
Chez les personnes de 55 ans et plus, la mélatonine à libération prolongée dosée à 2 mg peut être prescrite pour l’insomnie primaire de courte durée. Les recommandations françaises la situent généralement sur une période limitée, souvent jusqu’à treize semaines. Cette précision compte. Une prise commencée après quelques mauvaises nuits ne doit pas devenir un automatisme reconduit pendant un an.
Un complément présenté comme doux ou naturel ne devient pas anodin parce qu’il se trouve hors ordonnance. Certaines références en vente en ligne affichent des doses supérieures à celles couramment utilisées dans les spécialités pharmaceutiques françaises. D’autres mélangent mélatonine, valériane, passiflore, magnésium ou cannabidiol, ce qui rend l’évaluation de l’effet réel plus confuse.
La libération immédiate peut aider certains décalages du rythme biologique, par exemple après un voyage ou lorsque l’heure d’endormissement s’est trop décalée. La libération prolongée cherche davantage à maintenir une concentration durant la nuit. Confondre les deux conduit parfois à prendre le mauvais produit au mauvais moment, puis à augmenter la dose sans bénéfice démontré.
Les effets indésirables les plus connus restent souvent modérés, comme une somnolence au réveil, des rêves intenses, des maux de tête, des vertiges ou des troubles digestifs. Chez une personne qui se lève déjà plusieurs fois la nuit, un état de vigilance diminué peut augmenter le risque de chute. C’est particulièrement vrai si la mélatonine est associée à un anxiolytique, un somnifère, un antihistaminique sédatif ou de l’alcool.
Les interactions ne doivent pas être devinées au comptoir. Les anticoagulants, certains traitements contre l’épilepsie, les immunosuppresseurs, des médicaments du diabète et certains traitements de la tension peuvent nécessiter une vérification. Une personne suivie pour fibrillation atriale, insuffisance cardiaque ou maladie coronarienne doit signaler tous les compléments pris, y compris ceux achetés en parapharmacie.
La confusion avec les benzodiazépines est fréquente. La mélatonine n’a pas le même mécanisme qu’un hypnotique tel que le zolpidem ou qu’un anxiolytique benzodiazépinique. Elle ne provoque pas le même risque de dépendance, mais cela ne justifie pas une prise sans durée définie. Les benzodiazépines sont généralement déconseillées chez les seniors en raison des chutes, des troubles de mémoire, de la confusion et du risque de dépendance.
La démarche la plus utile commence par la boîte réellement utilisée. Il faut relever la marque, la dose par comprimé, la forme à libération immédiate ou prolongée, la date de début et les autres ingrédients. Cette liste permet au pharmacien ou au médecin de repérer une dose excessive, un doublon entre deux produits ou une association peu adaptée.
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Apporter lors de la consultation la boîte ou une photographie lisible de l’étiquette, avec la composition complète.
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Indiquer depuis quand la prise est quotidienne et si des doses supplémentaires sont prises lors des réveils nocturnes.
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Donner la liste des ordonnances, mais aussi des plantes, antalgiques et produits achetés sans prescription.
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Signaler tout essoufflement, gonflement des chevilles, malaise, palpitations ou somnolence au volant apparus depuis le début du produit.
La mélatonine n’a pas vocation à masquer une douleur nocturne, un reflux, une dépression, une apnée ou une maladie cardiaque qui commence à se manifester. Après plusieurs semaines de prise sans amélioration claire, le bon réflexe est de réexaminer le trouble initial plutôt que de changer de flacon.
Prise prolongée de mélatonine : les signaux qui justifient un avis médical rapide
Le signal américain concerne une utilisation sur un an ou davantage. Cette durée dépasse largement celle envisagée pour une insomnie ponctuelle chez la personne de plus de 55 ans. Sans paniquer, il est raisonnable de faire un point médical si la mélatonine est prise tous les soirs depuis plusieurs mois, surtout lorsqu’elle a été commencée sans bilan des troubles du sommeil.
Les signes cardiaques ne doivent pas être attribués automatiquement à l’âge ou à une mauvaise forme passagère. Un essoufflement à l’effort qui n’existait pas auparavant, l’obligation de dormir avec plusieurs oreillers, un gonflement des chevilles ou une prise de poids rapide liée à la rétention d’eau justifient une consultation. Une insuffisance cardiaque ne se présente pas toujours par une douleur thoracique spectaculaire.
Une douleur thoracique persistante, un malaise avec perte de connaissance, un essoufflement brutal ou des palpitations accompagnées de vertiges relèvent du 15 ou du 112, pas d’un ajustement de complément alimentaire. Ces symptômes peuvent avoir plusieurs causes, dont certaines demandent une prise en charge immédiate.
Le médecin traitant reste le premier interlocuteur pour les situations non urgentes. Il peut mesurer la tension, contrôler le pouls, vérifier les traitements, prescrire un électrocardiogramme et orienter vers un cardiologue ou une consultation du sommeil. Le pharmacien peut également vérifier une interaction, mais il ne remplace pas l’évaluation d’un symptôme cardiovasculaire persistant.
Il ne faut pas non plus arrêter brutalement une ordonnance sans demander conseil. La mélatonine elle-même n’entraîne habituellement pas de sevrage comparable à celui de certains hypnotiques. Pourtant, son arrêt peut faire réapparaître le problème qui avait conduit à la prendre. Si elle est associée à un anxiolytique ou à un somnifère, la stratégie doit être coordonnée afin d’éviter une succession de nuits blanches puis une reprise non contrôlée.
La consultation gagne en efficacité lorsque les données sont préparées. Une liste de tous les médicaments, la durée de prise, les horaires de coucher et de lever, la fréquence des réveils et les symptômes observés en journée suffisent souvent. Une tension mesurée à domicile peut compléter le dossier, à condition d’utiliser un appareil validé et de noter les chiffres avec les dates.
La prise d’un diurétique mérite d’être examinée en particulier. Un médicament destiné à éliminer l’eau pris en soirée augmente forcément les réveils pour uriner. Le déplacer au matin peut parfois améliorer la nuit, mais cette modification ne se fait qu’avec l’accord du prescripteur. Même logique pour certains corticoïdes, bronchodilatateurs ou traitements de la thyroïde, dont l’horaire influence la vigilance.
Une consommation d’alcool le soir donne souvent l’illusion d’un endormissement plus simple. La seconde partie de nuit devient pourtant plus fragmentée, avec davantage de réveils et parfois des ronflements majorés. Ajouter ensuite un produit à base de mélatonine entretient une combinaison peu lisible. Le médecin a besoin de connaître cet usage pour ne pas conclure trop vite à l’inefficacité d’un traitement.
Les personnes ayant un suivi cardiologique ne doivent pas cacher ce complément par peur d’être jugées. Les consultations sont remplies de produits en vente libre non mentionnés, alors qu’ils peuvent modifier la vigilance, la pression artérielle ou l’interprétation d’un symptôme. Le dossier médical doit refléter ce qui est réellement pris, pas seulement ce qui est inscrit sur l’ordonnance.
Un bilan bien préparé permet aussi de sortir du faux choix entre « supporter l’insomnie » et « prendre quelque chose tous les soirs ». La cause peut être corrigeable, qu’il s’agisse d’un horaire de traitement, d’une apnée, d’un reflux nocturne, d’une douleur ou d’un rythme de vie devenu trop irrégulier.
Retrouver un sommeil plus régulier sans augmenter la dose de mélatonine
Lorsqu’une nuit est mauvaise, la tentation est de compenser dès le lendemain par une longue sieste ou de rester au lit plus tard. Cette réaction peut décaler encore le rythme biologique. Chez l’adulte retraité, conserver une heure de lever assez stable, y compris après une mauvaise nuit, aide souvent davantage que de multiplier les heures passées éveillé sous la couette.
La lumière du jour est l’un des outils les plus efficaces pour recaler le rythme circadien. Sortir le matin, marcher vingt à trente minutes ou simplement prendre le petit-déjeuner près d’une fenêtre lumineuse donne au cerveau un signal clair. Ce geste ne remplace pas un traitement médical, mais il agit sur le mécanisme qui prépare l’endormissement du soir.
Une régularité de lever sur sept jours pèse souvent plus sur le rythme du sommeil qu’une hausse improvisée de la dose de mélatonine. L’objectif n’est pas d’imposer une discipline militaire. Il s’agit d’éviter des écarts de trois heures entre les jours actifs et les jours plus calmes, qui font perdre les repères du corps.
L’activité physique a sa place, sans recherche de performance. Une marche quotidienne, du vélo doux, de la gymnastique adaptée ou le jardinage améliorent la pression artérielle, l’humeur et la qualité du sommeil chez beaucoup de personnes. Une séance très intense en fin de soirée peut toutefois maintenir l’organisme en éveil. Les exercices plus toniques se placent plutôt le matin ou l’après-midi.
Le lit doit rester associé au repos. Regarder les informations anxiogènes, régler ses papiers administratifs ou faire défiler son téléphone durant une heure dans le lit entretient l’éveil. Si le sommeil ne vient pas après un temps qui semble long, il est souvent préférable de se lever, de s’installer dans une pièce peu éclairée et de reprendre une activité calme, puis de revenir lorsque la somnolence réapparaît.
Les réveils à 3 heures du matin deviennent parfois un rendez-vous avec les pensées qui tournent. Préparer avant le coucher une feuille où sont notées les démarches du lendemain peut limiter ce réflexe. Une déclaration fiscale, un rendez-vous médical ou un dossier de pension n’ont pas besoin d’être résolus dans le noir. Leur donner une place écrite aide à ne pas les traiter mentalement toute la nuit.
Le café, le thé fort, les boissons énergisantes et le chocolat noir peuvent gêner l’endormissement lorsqu’ils sont consommés tard. Leur effet varie selon les personnes, mais un test sur deux semaines avec arrêt après 14 ou 15 heures donne un résultat plus fiable qu’une impression vague. Même démarche avec l’alcool du soir, qui peut faciliter l’assoupissement tout en cassant le sommeil de fin de nuit.
La thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie, souvent appelée TCC-I, est une approche structurée qui travaille sur les habitudes, les pensées liées au sommeil et le temps passé au lit. Elle est recommandée dans l’insomnie chronique avant une multiplication des médicaments. Elle peut être proposée par des professionnels formés ou dans certains parcours spécialisés du sommeil.
La réduction du temps passé au lit peut surprendre, car elle consiste parfois à ne pas se coucher trop tôt lorsque le sommeil est très morcelé. Cette méthode doit être adaptée avec un professionnel chez les personnes fragiles, somnolentes dans la journée ou présentant une maladie neurologique, un trouble bipolaire ou un risque de chute. Elle ne se réduit pas à dormir moins, mais à reconstruire une association plus nette entre lit et sommeil.
Une mélatonine prescrite pour une durée courte peut garder une place lorsque l’indication est claire et que le suivi est réel. Elle perd son intérêt lorsqu’elle sert à couvrir un trouble non exploré, qu’elle est augmentée sans avis médical ou qu’elle s’ajoute à plusieurs sédatifs. La santé cardiaque gagne rarement à empiler les produits sans revoir la cause des nuits difficiles.
La mélatonine provoque-t-elle une insuffisance cardiaque ?
Les données présentées à l’American Heart Association en 2025 montrent une association chez des personnes insomniaques prenant de la mélatonine depuis au moins un an. Elles ne démontrent pas que la mélatonine est la cause directe de l’insuffisance cardiaque. L’étude doit être confirmée par des travaux publiés et relus par des pairs.
Quelle durée de prise de mélatonine est habituellement prévue après 55 ans ?
Pour la mélatonine à libération prolongée de 2 mg utilisée dans l’insomnie primaire après 55 ans, la durée est habituellement limitée et souvent fixée à treize semaines. Une prise quotidienne prolongée doit être réévaluée avec le médecin ou le pharmacien.
Faut-il arrêter la mélatonine si l’on a de l’hypertension ?
L’hypertension ne justifie pas à elle seule un arrêt sans avis médical. Il faut signaler la mélatonine au médecin, surtout si elle est prise depuis longtemps ou avec plusieurs traitements. Une tension mal contrôlée, des palpitations ou un essoufflement nécessitent un bilan.
Quels symptômes cardiaques nécessitent d’appeler les urgences ?
Une douleur thoracique persistante, un essoufflement brutal, un malaise avec perte de connaissance ou des palpitations associées à des vertiges justifient d’appeler le 15 ou le 112. Ces symptômes ne doivent pas être attribués à un complément ou à une simple mauvaise nuit.